Gilles nous dévoile pas-à-pas les coulisses de sa peinture. Suivez en huit étapes la réalisation de la toile intitulée "le grand Goulenez".
Cela peut surprendre, mais tout commence par une photographie, c'est la base de mon travail. Soit je l'utilise entièrement, soit j'en exploite un détail. Je prends des photos de l'île de Sein très régulièrement car je m'y rend très souvent pour y puiser l'inspiration et "shooter" mes futures toiles.
Avant la réalisation sur toile, je fais quelques croquis au crayon à papier... sur des bouts de papier. Je garde ce que je trouve intéressant et dégage les lignes principales de mon interprétation afin de trouver la meilleure composition qui aboutira au résultat désiré. Une fois le dessin posé, je passe à l'étape suivante.
Sur une base de peinture acrylique blanche, les couleurs brutes viennent prendre place et délimiter les ambiances colorées. Cela me donne une idée plus précise de la tonalité du tableau et de son équilibre. On distingue ainsi nettement les deux zones qui vont être travaillées : en rouge et blanc.
Les premiers détails commencent à apparaître. Le sommet du phare revêt ses couleurs finales et adopte un dégradé basé sur la nuance principale pour donner des effets de matière et du relief. Je blanchis le reste de l'édifice et me concentre alors sur son socle avec la définition des ombres. Le phare commence à se dégager.
Ensuite, je reviens sur la partie médiane du phare, et crée le dégradé de blanc jusqu'au jaune foncé afin qu'il soit en harmonie avec la partie supérieure du bâtiment. Cependant je l'inverse, pour équilibrer la répartition des couleurs et l'éclairage. Avec cet effet, j'obtiens un style étrange, onirique et moins réel.
Le socle est enfin ombré et réalisé sans le détail des pierres : toujours avec la technique du dégradé pour des transitions douces et des aplats sombres pour plus de contraste. J'épure au maximum, puis termine par les fenêtres le long de la tour. Des détails qui auront toute leur importance sur le résultat final...
Le fond est l'une des parties les plus délicate à réaliser : de lui dépendent le rendu du phare, l'harmonie générale et le "relief" qui va bien mettre en avant le sujet du tableau. Pour cette toile intitulée
le grand Goulenez, j'ai opté pour un dégradé vertical qui s'oppose aux dégradés "cylindriques" de l'édifice. Enfin, j'appose le mot Sein.
Pour terminer, je cerne tous les détails à la peinture noire, ce qui a pour effet de délimiter les zones remarquables. Ainsi, les couleurs sont séparées et restituent au mieux mon interprétation initiale. La pulvérisation d'une couche de vernis achève cette oeuvre et lui offre un voile de protection. Il n'y a plus qu'à l'exposer !
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